Compte rendu de Paris-Web 2009 (jeudi) (partie 1)
On m’a fait comprendre que je mets trop de temps à publier mon compte rendu de Paris-Web (quelqu’un attend encore celui de 2007 ?). Pour la peine, je vais le publier en plusieurs parties et les rassembler ensuite (je sais, c'est mal, Cool URIs don‘t change
tout ça…).
Je sais, je suis nul et j’ai honte. Je n’ai rien écrit pendant un an et même pas fini le compte rendu de l’année dernière. Je n’ai aucune excuse (enfin si, mais je vous les donnerai dans un autre billet :-)). Pour me faire pardonner, vous trouverez un compte rendu que j’espère le plus complet possible.
Accueil et introduction
Christophe Porteneuve, par ~Thanh
Christophe Porteneuve, le président de Paris-Web, nous a introduit accueilli une fois de plus dans l’auditorium IBM pour débuter cette édition 2009. Rien de tel qu’une vidéo kitsch (c’était voulu ?) des temps forts de Paris-Web 2008 pour commencer.
Comme nouveautés cette année : plus de distinction entre la technique et les décideurs comme l'année dernière, mais la possibilité de choisir entre deux sessions en parallèle (ce qui amène forcément à des choix difficiles) et la possibilité de manger au 39ème étage de la tour IBM pour apprécier la vue imprenable sur la pollution parisienne.
Une fois de plus, les 3/4 des participants étaient des photographes talentueux. Vous pouvez admirer les 894 photos (!) sur Flickr en utilisant le tag parisweb2009 ou, si vous êtes pris d’une folie passagère (ou d’un profond ennui), les 2250 photos tous Paris-Web confondu avec le tag parisweb.
Intégrateurs, montez au front !
Stéphane Deschamps, par takeasip
Les hostilités ont débutées par une présentation du grand Stéphane Deschamps (mais il vous dira surement qu’il n’est pas si grand que ça) sur la valorisation des intégrateurs. D’ailleurs il ne faut pas dire intégrateur (c’est sale), mais développeur front, ça fait plus expert.
Pour bien commencer, Stéphane nous a montré une annonce piochée sur le Web, jugez par vous même :
- Conception d’interface Web AJAX (?) ;
- JSR 168 (là on est déjà au delà du n’importe quoi) ;
- Connaissance des CMS (tous, sinon c’est même pas la peine de postuler) ;
- PHP (en gros, être un développeur back) ;
- MySQL (être administrateur serveur quoi) ;
- ASP 3.0, ASP.NET en C#, Visual Basic 6.0 et .NET (euh…) ;
- SQL-92 dont les vues et les requêtes avec jointures (c’est vrai, le développeur front manipule les requêtes SQL) ;
- Java et Javascript (il y a « Java » dans le nom, c’est forcément la même chose) ;
- HTML (enfin !) ;
- XML et XSLT ;
- CSS 2.0 (et pas le 2.1 ou le 3, ne soyez pas fou) ;
- Flash et Actionscript (aller, on en rajoute) ;
- SPIP et Joomla (…mais, ce n’était pas compris dans les CMS ?) ;
- La modélisation, réalisation et maintenance (par contre il ne faut surtout pas demander de quoi…) ;
- Connaître les différents systèmes d’exploitation standards (à la rigueur) ;
- Être capable d’intégrer rapidement l’organisation (donc, que vous soyez disponible et agréable en plus) ;
- Savoir travailler en équipe (et je n’ose pas imaginer le niveau de l’équipe en voyant cette annonce) ;
- Savoir intégrer les évolutions technologiques (surtout la PS3) ;
- Avoir un bon relationnel (parce qu’on a eu plein de candidatures de barbus casaniers à tendance nocturne) ;
- Être autonome, responsable et rigoureux (en fait on vous donne le projet et vous faites tout, d’ailleurs c’est un peu ce que dit l’annonce) ;
- Être dynamique (ça doit être un jeu de mot par rapport au PHP, Java et ASP) ;
- Maitrise de l’anglais technique (c’est pas sérieux sinon) ;
- Connaître Photoshop ou The Gimp et le moteur de recherche Verity est un plus (ben voyons…).
Mis à part l’absurdité de cette annonce, un bon développeur front se doit de connaître HTML, Javascript, CSS, avoir de bonnes notions d’accessibilité, de découpe et d’optimisation d’images, des notions de back-office… En bref, c’est un véritable métier.
Stéphane a eu la bonne idée de sonder les intégrateurs qu’il connait (j’espère que le lecteur assidu, que vous faites, a noté les allusions salaces que je fais depuis le début de ce billet). Le premier constat qu’il a pu faire est qu’il existe quatre écosystèmes :
- La grosse agence : Le spécimen se retrouve au milieu d’une équipe d’intégrateurs, il n’est qu’une « petite main » en bout de chaîne et ne peut que constater les dégâts ;
- La start-up : À l’inverse, le spécimen devient le maillon central de la chaîne. En résulte un gros stress ;
- La grosse boite : Le web en est rarement l’activité principale. La couche client est considérée comme un sous-produit du système d’information ;
- Prestataire en chaîne : Il s’agit soit du free-lance, soit d’une petite agence. On le retrouve au milieu d’une enfilade de gens (cette allusion vient de Stéphane) et ne peut donc pas faire valoir ses capacités.
En fait, le développeur front est quelqu’un de très frustré. Il a souvent beaucoup à dire mais personne ne l’écoute. Comme si ça ne suffisait pas, il doit affronter d’autres frustrations :
- Fondamentales : En plus d’avoir à connaître beaucoup d’aspects techniques, il doit gérer l’incompatibilité des navigateurs, gérer les navigateurs obsolètes, « bidouiller » pour répondre à certaines attentes du projet, etc. ;
- Communicationnelles : Il n’est pas écouté. Que ce soit par la hiérarchie ou par le client. De toute façon quand on l’écoute on ne le comprend pas (ou on ne cherche pas à le comprendre) ;
- Motivationnelles : Il a un salaire trop bas, on ne reconnait pas ses compétences et son travail (un comble quand on voit ce qu’il doit affronter).
Tout n’est pas noir pour autant. Le potentiel « dépannage » du développeur front (vous savez, on vous sollicite pour réparer quelque chose en disant « je ne comprend pas pourtant j’ai copié la même chose que sur l’autre site ») peut se transformer en reconnaissance. Au final, le HTML c’est pas si simple et on va comprendre ce que vous faites dans cette entreprise (alors qu’avant on croyait que vous étiez stagiaire).
Malgré toutes les frustrations exprimées dans le sondage, il ressort que le web est un milieu fun, chargé de passion, de nouveauté, etc. en bref c’est dur, mais qu’est-ce que c’est bon ! (À peine subtile cette allusion)
« Comment arranger les choses ? » Me demanderez-vous ? Stéphane a la solution miracle :
- Envoyer un email « Ça ne va pas aller parce que… » ;
- Faire constater « Je vous l’avais dit… » ;
- Répéter… ;
- Bingo, vous êtes sollicité comme « expert » !
S’en est suivit quelques citations issues du sondage. De ce que j’ai retenu, il est important que le développeur front forme les nouveaux (et indirectement qu’il se remettre en cause) et qu’il effectue un travail de veille. Vous pourrez en apprendre plus sur l’espèce de retranscription de sa présentation.
J’ai trouvé que c’était une conférence très habile pour démarrer Paris-Web 2009. Nous connaissons la technique, mais ce n’est pas le seul problème en entreprise. J’ai trouvé amusant de voir que la plupart des points de sa présentation étaient les mêmes que ceux de mon mémoire de fin d’année (avoue, t’as copié !).
En complément, Daniel Glazman a pointé du doigt la fédération Syntec qui est en partie responsable du manque de valorisation du métier de développeur front. De ces mots « Syntec doit mourir ».
Vous pouvez consulter la retranscription de cette présentation sur le blog de Stéphane.
Un seul Web
Daniel Glazman, par ~Thanh
Une présentation de Daniel Glazman. Si vous ne connaissez pas l’énergumène je vous conseille d’aller faire un tour sur son blog (par contre n’allez pas voir son CV, sinon vous allez changer de métier).
Après un rapide rappel de l’histoire de HTML et CSS puis une démonstration du rendu de Firefox 3.5, Safari 4 et Opera 10 (qui apparemment a des problèmes typographiques par rapport aux autres moteurs), Daniel nous a montré des graphiques forts intéressant sur la pénétration des navigateurs. Voici ce qu’il faut en retenir :
- IE a la même courbe d’évolution, en Europe, que Netscape en 1997 (c’est à dire qu’il dégringole) ;
- Firefox progresse aussi bien que IE en 1996. Ces deux points sont encore plus accentués sur les sites de geeks ;
- Chrome augmente… mais chez les geeks (qui s’en serait douté ?) ;
- Opera reste stable (et je trouve que c’est dommage, Opera est un très bon navigateur qui mérite qu’on s’y intéresse) ;
- Safari progresse… mais grâce à l’iPhone.
En conclusion de ces graphiques, Daniel nous a appelé à faire notre possible pour laisser IE6 mourir. Bien évidemment s’en est suivi des questions par rapport aux IE6 pré-installés en entreprise qui ne peuvent pas être changé faute d’intranet conçus uniquement pour. Ce fût une discussion très intéressante et motivante, mais je ne sais pas ce que ça va donner en réalité.
Bref, passons sinon je risque d’écrire un billet entier sur ce sujet. Pour continuer, Daniel nous a parlé de HTML5. Il a affirmé qu’on peu s’en servir dès maintenant, quitte à ne changer que le doctype pour l’instant. Il y a peu de soucis, voire aucun problème sous Firefox, Safari et Opera (ce dont je ne suis pas entièrement d’accord, mais c’est une autre histoire). Quand à IE, toutes versions confondues, il n’est pas capable de styler des éléments qu’il ne connaît pas (c’est dingue). Pour pallier à ce fâcheux problème vous pouvez déclarer en Javascript les éléments que vous utilisez : document.createElement(’article’); (dans le <head>, sinon ça ne marche pas) ou utiliser HTML5shiv qui fait ça à votre place.
Si vous utilisez HTML5, n’oubliez pas de faire un reset CSS des nouveaux éléments. Dans les navigateurs modernes, lorsque vous utilisez un élément inconnu il est tout simplement affiché comme un élément en ligne. Il existe déjà des reset, comme celui de HTML5doctor (que je ne trouve pas terrible) et celui de Yahoo! (que je n’ai pas encore essayé).
Ensuite, Daniel nous a rapidement parlé de CSS3 avec les media queries, border-radius, box-shadow, text-shadow, @font-face, CSS transformations, CSS transitions et CSS gradients. Et ce qui devait arriver arriva : Désirs d’avenirs. Dans une magnifique slide Daniel nous a listé ce qui aurait pu être fait en HTML5 (<video>, <audio>, <canvas>, SVG) plutôt qu’en… bref, quelque soit le langage de cette abomination.
Pour conclure, Daniel nous a recommandé de nous pencher sur WCAG 2.0 et ARIA car « tout le monde doit pouvoir visiter votre site Web » et de penser à la localisation dès la conception (avec les bons headers HTTP et une base de données localisées). Comme touche finale, nous avons même eu le droit à un « Flash doit être détruit » (l’inverse aurait été étonnant de la part du co-chairman du CSS WG :-)).
Vous pouvez consulter le support de cette présentation sur slideshare.
La suite bientôt… (enfin faut pas trop rêver non plus)
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Commentaires
Merci pour ce compte rendu, il est tres instructif - comme les precedents d'ailleurs. Je pense que le point de la realite entre les annonces des recruteurs et la realite ... est reelle et a ete assez bien soulevee. Bref, ce compte rendu me donne une idee en tete: je suis deg de pas avoir ete la 
Un site pour aider IE6 a mourir: www.ie6nomore.com/
T'as un peu intérêt à poster la suite, sinon je pourris ta réputation sur Twitter (Menace 2.0, et ouais).
Plus sérieusement, ça donne envie de s'y rendre, même si je ne fais pas (ou très peu) d'intégration (et heureusement, sinon ça me fait pleurer), c'est intéressant de savoir que le métier d'intégrateur est aussi ingrat que celui de développeur.
Tous des incompris!
(Et poste la suite!)
Bon, tu nous fait signe quand tu as fini de tout compiler, nous mettrons l'aticle sur le site de paris-web à jour à ce moment-là.
(pareil pour le compte-rendu de paris-web 2007)
@Stéphane Deschamps :
1) Merci
2) Tu rates quelque chose 
3) Tsss !
@xethorn : Ouais enfin y en a qui ont la chance de partir aux US 
@Palleas : Tu devrais vraiment venir, même si tu n'es plus très web depuis un certain temps. L'ambiance est toujours bonne 
@Olivier G : Ça marche !
J'ai un peu peur de me faire taper en disant que je fais du flash, mais je vais essayer, je n'ai pas abandonné le web pour autant, c'est vrai que ça me manque un peu 
Merci pour la partie 1 on attend la suite !!!
Dofus est un <a href=www.bawwgt.com/fr>dofu... kamas</a>, le joueur incarne un ou plusieurs personnages. On y retrouve une multitude <a href=www.bawwgt.com/fr>ache... des dofus kamas</a> et d'¨¦quipements en tout genre, une vingtaine de m¨¦tiers diff¨¦rents et plus d'une centaine de monstres r¨¦partis en diff¨¦rentes zones sur les 10 000 <a href=www.bawwgt.com/fr>dofu... kamas pas cher</a> (portions de carte, sur lesquelles l'on se d¨¦place d'ailleurs comme sur une carte) formant l'univers de <a href=www.bawwgt.com/fr>acha... dofus kamas</a>, dont 99% ne sont accessibles qu'aux abonn¨¦s.
... et la suite en 2012, donc...? 
J'aime bien le passage sur IE6 même si en 2010 ; il n'est toujours pas mort... en tout cas sur mes stats analytics !




alors bon :

1. super compte-rendu
2. même pas copié, zut j'aurais dû lire ton mémoire avant ça m'aurait épargné des efforts
3. 1m81 environ.